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CORRIDA-CONCOURS |
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Alors que Denis Loré fait ses adieux, Sanchez Vara se présente. Entre les deux, Padilla assure la transition dans le créneau difficile des toreros belluaires que nul combat ne rebute jamais. Face aux représentants de six ganaderias dures, une rencontre à risque digne d’intérêt. |
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SIX GANADERIAS pour SIX ENCASTES
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Ordre de Sortie 1er
Atanasio FERNANDEZ
Devise : rouge et verte
Señal : “muesca” aux deux
Finca “Campocerrado” Salamanca
Ancienneté : 10 juillet 1864
Ganaderia mère du campo Charro, celle d’Atanasio Fernandez, fondée comme celle de Juan Pedro Domecq à partir de celle du Conde de la Corte, s’est développée de manière radicalement opposée, son créateur ayant toujours estimé que la bravoure devait prévaloir sur la docilité. À la recherche de son identité depuis les décés successifs de ses deux précédents titulaires, le ganadero actuel a entrepris aujourd’hui un vaste travail de refondation à partir des bases posées par son grand-père : la bravoure d’abord, la noblesse après.
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Ordre de Sortie 2nd
Juan Luis FRAILE
Devise : bleu ciel et paille
Señal : “horca” aux deux
Finca : “Cojos de R obliza” Salamanca
Ancienneté : 17 février 1895
De la célèbre ganaderia fondée le siècle dernier par Graciliano Pérez-Tabernero ne restent aujourd’hui que quelques toros élevés à contre courant des modes par Juan Luis Fraile et sa soeur Carolina. Récompensée par les aficionados comme la meilleure corrida de la temporada bayonnaise l’an passé, remarquée pour la bravoure de l’exemplaire envoyé à la corrida concours de Vic, la ganaderia de Juan Luis Fraile ne poursuit qu’un rêve : élever des toros dont la caste souvent âpre répont aux goûts de l’aficion. |
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Ordre de Sortie 3ème
VALVERDE
Devise : bleu et vert
Señal :”puerta” aux deux
“Valverde de Gonzaliañez”
Ancienneté : 20 avril 1947
Bien que don Césareo, le célèbre curé de Valverde, ne préside plus à ses destinées, la ganaderia de Valverde continue selon la voie que celui-ci a tracé. Des toros, longs, profonds, très armés, souvent très braves et parfois âgés, comme l’exemplaire envoyé à Vic lors de la corrida concours que sans une blessure inopportune il aurait pu remporter. Ayant conservé pure l’origine Conde de la Corte depuis plus d’un demi siècle, la ganaderia de Valverde poursuit son chemin à l’écart des modes et du marché, chacune de ses apparitions constituant pour les aficionados un évènement important. |
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Ordre de Sortie 4ème
Miguel ZABALLOS
Devise : rouge et jaune
Señal : “horcas” aux deux
Finca : Cabeza de Diego Gomez” Salamanca
Ancienneté : 22 juillet 1967
Les temps sont durs pour les saltillos salmantinos malgré les bons résultats d’ensemble obtenus ces dernières années. À contre-courant des modes, Miguel Zaballos n’en a cure et poursuit avec passion le travail entrepris par son père à partir du troupeau acheté en 1963 à Argimiro Pérez Tabernero que celui-ci tenait du Marquis de Saltillo. Et comme pour d’autrs encastes en voie de disparition faute de marché, le débouché naturel des saltillos de Zaballos passe par les arènes de la ceinture madrilène et les françaises où, mieux qu’ailleurs, leurs qualités foncières de caste authentique sont appréciées. |
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Ordre de Sortie 5ème
TARDIEU Frères
Devise : violet, blanche et noir.
Señal : “Osca en bas” aux deux
Mas de la Cour des Boeufs à Mas Thibert - Arles
Ancienneté de création 1951
Depuis quelques saisons les arènes d'Arles sont devenues le théâtre privilégié où la ganaderia des frères Tardieu exprime la variété de ses produits. Noblesse vive des " nuñez ", bravoure intransigeante des " villamartas ", le canal historique de la ganaderia, déjà vainqueur de cette corrida concours. Mais si la vitrine prestigieuse que constitue l’amphithéâtre a permis au frères Tardieu de démontrer la qualité de leur travail, elle n’a toujours pas incité les grandes ferias françaises à suivre le mouvement. Une injustice qu’un nouveau triomphe lors de la corrida concours pourrait peut-être réparer. |
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Ordre de Sortie 6ème
COQUILLA de Sanchez Arjona
Devise : vert et blanche
Señal : “orejisana” aux deux
Finca El Collado Salamanca
Sans la passion de Javier Sanchez Arjona pour ses toros de Coquilla, cet encaste si particulier aurait probablement disparu, Sanchez Fabres, la maison mère, ayant depuis longtemps aussi réduit sa production. De la lointaine origine Santa Coloma, les toros de Coquilla conservent la mobilité souvent collante et une “vision” du combat aigüe qui en fait toujours des adversaires difficiles. Agiles, piquants, braves et souvent compliqués, ils sont pour les toreros des adversaires difficiles mais peuvent aussi se révéler parfaitement nobles, à l’image des novillos de Sanchez Fabres lidiés à Saint-Martin de Crau. |
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DENIS LORE |
Denis Loré est né à Nîmes le 31 juillet 1968 où il a pris l’alternative le 2 juin 1990 des mains de Emilio Muñoz et Fernando Lozano. Confirmation à Madrid le 10 mars 1996 des mains de Domingo Valderrama et Ruiz Manuel face à des toros d’Albaserrada. |
Alors que l’heure du bilan approche pour Denis Loré qui se retirera des ruedos quelques jours après cette dernière corrida arlésienne, la grande question que devra se poser l’aficion française est de savoir si celle-ci a bien fait au torero nîmois toute la place que méritait l’attitude responsable observée tout au long de sa carrière. Car s’il est un talent que l’on ne saurait nier à Denis, c’est le sérieux avec lequel il a toujours mené sa profession, lequel, peut-être, l’a défavorisé par rapport à des compañeros plus enjoués et davantage prodigues en clins d’oeils qui se voulaient complices pour s’attirer la sympathie du public. Sérieux et intègre, on n’ose dire austère, Denis Loré n’a jamais fait de concession. Telle est sans doute sa principale vertu mais aussi son plus lourd handicap dans la mesure où cette sévérité de chaque instant l’a sans doute coupé de l’immédiate et quelque peu vulgaire popularité dont d’autres surent jouer à merveille pour consolider leur carrière. Mais on ne se refait pas, et le toreo de Denis fut toujours et est encore conforme à ce qu’il est lui-même : un type droit et sincère dont la mentalité est à donner en exemple dans toutes les écoles taurines. Comme souvent, c’est au moment de l’estocade que transparaît le mieux la personnalité. Ce n’est donc pas un hasard si, année après année, Denis Loré a ponctué ses faenas de quelques-unes des meilleures estocades portées dans les arènes françaises : en corto y por derecho, disaient les anciens, de prés et tout droit. Là où le risque est le plus grand. Pour cette corrida-concours qui sera sa despedida arlésienne, il serait heureux que le public se souvient de ce que Denis lui a toujours donné, et l’accompagne comme il le mérite. Un torero s’en va, mais un homme reste. Et la chaleur de ceux à qui il a tout donné est le meilleur des viatiques pour combattre la peine qu’éprouve tout torero à l’heure des adieux. |
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JUAN JOSE PADILLA |
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Juan José Padilla est né à Jérez le 23 mai 1973 où il a pris l’alternative le 18 juin 1994 des mains de Pedro Castillo et du Niño de la Taurina. Il a confirmé le 10 septembre 1995 des mains de Frascuelo et Juan Carlos Vera face à des toros d’Albaserrada. |
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Même si sa personnalité souvent excentrique irrite parfois les aficionados les plus rigoureux, Juan José Padilla dont on dit la retraite proche sans que le principal intéressé ne l’ait jamais confirmée, laissera dans les mémoires le souvenir d’un battant généreux, d’un torero capable face aux toros les plus difficiles et d’un professionnel responsable qui baisse rarement les bras. Padilla est donc encore là, et à moins que des rivaux plus jeunes ne viennent briguer sa place, il y sera le temps qu’il voudra. Car à la base d’une carrière prestigieuse dans le créneau particulier des corridas dures qu’évitent les figuras, on trouve les vertus cardinales qui font l’honneur de la profession : un métier solide, un courage sans faille et un pundonor immense qui permettent à Padilla de partir au combat sourire aux lèvres, de se jouer du danger en sifflotant et de conserver suffisament de distance par rapport à sa trajectoire pour ne pas s’affliger outre mesure du sort que lui a toujours réservé le mundillo : celui de combattant intègre que l’on n’hésite pas à envoyer au front, en lui imposant un parcours à haut risque qui, de feria en feria, passe par toutes les étapes les plus difficiles qui soient : Miura, Victorino, Partido de Resina, Cebada Gago... Dans l’agenda de Padilla, tout le Gotha de l’effroi lui donne rendez-vous, de Séville à Madrid et de Bilbao à Pamplona. Les cornadas graves reçues par le torero ne se comptent plus, comme celle infligée dans le cou par un Miura à Séville ou celle reçue d’un Victorino attendu à puerta gayola à Saint-Sébastien, ni ses bravades parfois douteuses ou ses originalités vestimentaires au moyen desquelles, non sans humour, il se présente comme un torero d’autrefois. Mais Padilla est là et depuis dix ans il tient la barraque, triomphant dans les arènes les plus dures où sa folie particulière lui a octroyé une place de choix. Triomphateur l’an passé à Arles, sa présence s’imposait dans cette corrida concours. |
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SANCHEZ VARA |
| Sanchez Vara est né à Guadalajara le 18 juillet 1979. Alternative le 30 août 2000 à Sacedon des mains de Luis Francisco Espla et El Fandi face à des toros de Soto de la Fuente. Confirmation le 7 septembre 2003 des mains de Valderrama et Alberto Manuel face à des toros de Alonso Moreno. |
Sans trop se plaindre de l’oubli dans lequel Madrid l’a tenu depuis quelques saisons, Sanchez Vara creuse son sillon en province face à toutes les ganaderias dures, faisant preuve tout au long des trois tiers d’un métier affirmé qui lui permet non seulement de triompher mais aussi de tenir tête. La saison 2007 semble décisive pour lui : inclus dans la programmation de plusieurs ferias françaises, l’occasion lui est offerte de conquérir ce marché à qui, il le sait, des toreros comme Fundi ou Ferrera doivent d’avoir pu exister alors que les arènes d’Espagne les ignoraient. En concluant sa saison à Arles, Sanchez Vara entend frapper un grand coup afin de gagner définitivement sa place dans toutes les grandes ferias françaises. |
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