Devise : rose et bleu ciel
Señal : “hendida” aux deux
Finca : Gudino, Salamanca
Ancienneté : Madrid 16/06/ 1904
Lorsque l’on parle des encastes en voie de disparition, on omet souvent de mentionner celui d’Urcola que l’on ne trouve plus aujourd’hui que dans trois troupeaux. Réputés depuis toujours pour leur bravoure impétueuse, les toros qui appartinrent durant de nombreuses années au mythique Juan Belmonte sont désormais la propriété de Caridad Cobaleda, héritière d’une des grandes familles ganaderas salmantinas, qui perpétue la tradition initiée par son père - Habacuc Cobaleda - une des grandes figures du campo charro durant la seconde moitié du XXème siècle.
VALDEFRESNO
Devise : jaune et rouge
Señal : “ahigarada” à gauche et “muesca” à droite
Finca : Valdefresno, Salamanca
Ancienneté : Madrid 16/05/1994
Dans la famille Fraile on ne transige pas avec la bravoure des toros, au point que même s’ils proposent très souvent des exemplaires autorisant le triomphe, les ganaderos salmantinos sont catalogués dans le milieu des figuras comme des écueils qu’il vaut mieux éviter. La temporada passée fut de ce point de vue exemplaire, avec à Bayonne notamment un des meilleurs lots lidiés durant la temporada française. Présente dans toutes les grandes arènes espagnoles depuis de longues années, la ganaderia de Valdefresno, et plus généralement la famille Fraile, est considérée comme un des bastions de la bravoure dans le campo Charro.
TARDIEU FRERES
Devise : violet, blanc et noir
Señal :”osca en bas” aux deux
Mas de la Cour des Boeufs à Mas Thibert
Ancienneté de création : 1951
Depuis quelques saisons les arènes d'Arles sont devenues le théâtre privilégié où la ganaderia des frères Tardieu exprime la variété de ses produits. Noblesse vive des " nuñez ", bravoure intransigeante des " villamartas ", le canal historique de la ganaderia, déjà vainqueur de cette corrida concours. Mais si la vitrine prestigieuse que constitue l’amphithéâtre a permis au frères Tardieu de démontrer la qualité de leur travail, elle n’a toujours pas incité les grandes ferias françaises à suivre le mouvement. Une injustice qu’un nouveau triomphe lors de la corrida concours pourrait peut-être réparer.
GALLON FRERES
Devise : vert et noire
Escoussure : “demi lune haute” aux deux oreilles
Mas d’Icard, Capeau et Tenque
Ancienneté de création : 1956
En changeant radicalement d’optique et en renouvelant l’intégralité de leur troupeau, Aimé Gallon et ses fils se sont donnés les moyens de tutoyer les meilleures ganaderias espagnoles puisque leur ganaderia est désormais issue de l’une des plus prestigieuse qui soit. Celle de Juan Pedro Domecq, en passant par les frères Sampedro, dont les produits élevés sur les costières de Crau à Tenque près de Mas Thibert sont en train d’acquérir une identité propre. Ce que l’exemplaire magnifique choisi pour participer à cette corrida concours aura à coeur de démontrer.
DOMINGO HERNANDEZ
Devise : bleu, rouge et verte
Señal : “hoja de higuera” aux deux oreilles
Finca : la Traguntia Salamanca
Ancienneté de création : 1992
Aprés avoir fait lidier à Arles pour paques le meilleur toro de la dernière feria, Domingo Hernandez, qui est apparenté au Fundi , a accepté de relever le gant et de se mesurer, dans un domaine où il pourraît paraître désavantagé a priori, à des ganaderias que la bravoure plus rustiques de leurs toros destinent mieux à pareil exercice. Ce serait oublier un peu vite que la bravoure se démontre tout au long du combat et que celle des toros de Domingo Hernandez est réputée pour la vivacité qu’elle imprime à leurs charges, comme l’excellent exemplaire lidié en avril l’a amplement démontré.
Hnos CLEMARES PEREZ TABERNERO
Devise : ciel et blanche.
Señal : “Orejisana” de chaque côté.
Finca : Tordelalosa Salamanca
Ancienneté de création : 1999
Par respect pour l’histoire de la ganaderia familiale, les frères Clemares conservent sous leur nom les toros de santa coloma qu’éleva toute sa vie leur grand-père Javier Pérez-Tabernero. Encastés et mobiles, ces santa colomas salmantinos sont réputés pour leur vivacité mais aussi leur noblesse de bon aloi. Malheureusement, dans le panorama actuel de la ganaderia brave, l’encaste auquel ils appartiennent ne colle pas aux modes. Participer à cette corrida concours apparaît donc comme une chance providentielle de se rappeler au bon souvenir des toreros, en espérant que le Fundi triomphera aussi.
LE DEFI DU FUNDI
Combattre seul les six toros d’une corrida-concours en assumant la lidia, dans l’histoire
de la tauromachie, seule une poignée de toreros a tenté pareil exploit. En témoignage
de gratitude envers l’aficion française, tel est le défi du Fundi.
EL FUNDI
Né à Fuenlabrada le 23 décembre 1966. Il a pris l’alternative des mains de Joselito à Villaviciosa de Odon le 22 septembre 1987 et l’a confirmée le 22 mai 1988 avec le même parrain et le même témoin, El Bote.
Il faut chercher beaucoup dans l’histoire du toreo pour trouver la trace d’une corrida concours combattue en solitaire par un torero. Viennent à l’esprit deux exemples célèbres : celle à laquelle participa Luis Miguel Dominguin au début des années soixante au Puerto de Santa Maria, et celle que combattit le maestro Manzanares à Ronda en 1988 et au cours de laquelle le toro “Peleon” de Guardiola fut grâcié. Depuis, a priori, l’expérience n’a été tentée par personne. Dire que la proposition faite par l’empresa d’Arles et acceptée par le Fundi revêt un caractère historique est donc d’autant moins exagéré qu’il s’agit d’une première en France et que durant sa longue carrière le Fundi ne s’était risqué à combattre six toros qu’à une seule reprise - à Ales en 1990 - expérience interrompue par une blessure reçue face au cinquième.
C’est donc avec enthousiasme que le Fundi a accepté ce challenge important, précisant même que combattre six toros en France était quelque chose dont il rêvait depuis longtemps et que l’arène qu’il considérait la plus indiquée pour le faire était celle d’Arles. Autant dire que pour le torero cette corrida-concours prend tournure de véritable évènement. Les arguments ne lui manqueront pas, ni le soutien inconditionnel du public sans doute qui le ccnsidère depuis longtemps déjà comme un des grands lidiadors contemporains . Ce que concrétisa parfaitement le prix Popelin qui l’an passé couronna une temporada exemplaire.
Torero “largo” par excellence, El Fundi possède un répertoire complet durant les trois tercios et est tout aussi capable de ferailler contre les toros les plus difficiles comme, quand l’occasion se présente, de toréer aussi bien que quiconque ceux qui le permettent. Dans ce dernier registre les deux faenas réalisées à Vic l’an passé resteront sans doute dans les mémoires, soigneusement rangées auprès de tous les hauts faits que le torero madrilène, durant sa déjà longue carrière, a accumulé et dont une bonne partie eurent pour théâtre les arènes françaises. Dernier exploit en date pour le Fundi, sa prestation remarquable lors d’une très difficile corrida de Miura célébrée à Séville vient à point pour démontrer que lorsqu’il est sincère un torero touche à l’universel : trois combats intenses, trois ovations formidables et une énorme oreille sanctionnèrent cette journée au cours de laquelle le torero jouait bien plus que sa réputation.