Pour les débuts en corrida de la ganaderia Blohorn, deux toreros du groupe spécial couronnés par de récents succès : Victor Puerto triomphateur de Quito, Antonio Ferrera de Logroño et Nîmes, et Javier Valverde, qui se présente à Arles.
CORRIDA
6 toros de BLOHORN
Devise : orange, blanche et verte Escoussure : les deux oreilles fendues dans la longueur
Mas de Carrelet et Mas d’Agon Ancienneté 1965
Sur les bords du Vaccarès, foulant aux pieds quelques ruines romaines, les jandillas de la famille Blohorn semblent avoir été toujours là. Ce n’est pourtant pas le cas, et l’on doit à la passion des ganaderos ce virage important qui en quelques années a fait de la ganaderia une des plus prometteuses de France dont la trajectoire s’identifie avec l’amphithéâtre arlésien où les jandillas de Camargue ont déjà triomphé à trois reprises en novilladas. Encastés et mobiles, les toros de Blohorn sont des adversaires de qualité et pour leur présentation en corrida il importait de leur opposer des toreros aguerris susceptibles de mettre en valeur leur tempérament de feu. Pour la ganaderia, cette première constitue le départ d’une nouvelle étape, dans la mesure où Bruno Blohorn ne cache pas son intention de présenter désormais deux corridas chaque année, avec le désir non avoué de voir ses toros combattus un jour par les principales figuras, à Arles bien sûr, mais pourquoi pas aussi dans d’autres grandes ferias françaises ?
VICTOR PUERTO
Victor Puerto est né à Alcorcon (Madrid) le 29 août 1973. Il a pris l’alternative le 9 avril 1995 à Ciudad Real des mains du Litri et de Jesulin de Ubrique. En 2005 il a toréé 48 corridas pour 142 oreilles.
Novillero vedette puis matador à la mode grâce à un abattage certain et un sourire radieux, Victor Puerto ne fut réellement pris au sérieux par les aficionados qu’après avoir triomphé à Madrid, ce qui lui permit, plusieurs années durant, d’occuper les premiers postes de l’escalafon. Il en descendit pourtant et menaça même de sombrer dans ses profondeurs, mais se sauva en écumant les pueblos, retrouvant loin des grandes ferias l’ambition indispensable pour jouer les premiers rôles. Mais au terme d’une campagne 2005 riche en triomphes, il lui manquait pourtant de frapper un grand coup pour espérer remonter en première division et intégrer les cartels des ferias importantes. C’est à Quito le 3 décembre dernier que l’évènement se produisit, quand face à deux sérieux adversaires il montra les deux faces de son talent : l’ambition de dépasser les circonstances adverses et la capacité de construire un toreo lié. Le prix de triomphateur de la feria vint le récompenser, rendant indiscutable sa présence à Arles face aux toros de la famille Blohorn dont on le sait capable de tirer tout le parti possible.
ANTONIO FERRERA
Antonio Ferrera est né à Ibiza le 19 février 1977 et a pris l’alternative à Olivenza le 2 mars 1997 des mains de Ponce et Pedrito de Portugal face à des toros de Victorino Martin. En 2005 il a toréé 56 corridas et coupé 129 oreilles et 17 queues.
Fertile en rebondissements, la carrière d’Antonio Ferrera est à l’image de son toreo, tantôt posé, tantôt bouillonnant. Une carrière qui n’a rien d’un long fleuve tranquille et a vu le torero extremeño descendre du haut de l’escalafon pour friser l’oubli, avant d’entamer une remontée surprenante qui l’a conduit au terme de la temporada passée à triompher dans plusieurs ferias importantes comme Nîmes où il coupa trois oreilles le 17 septembre, ou Logroño quelques jours plus tard. Si depuis bientôt dix ans d’alternative le toreo d’Antonio Ferrera n’a pas fondamentalement changé, l’homme a pris de la bouteille et appris à relativiser les coups du sort toujours nombreux que le mundillo réserve aux toreros qui comme lui circulent en marge des pouvoirs établis. Lorsque l’on est indépendant tout faux pas se paye, ce qui explique les multiples traversées du désert qu’Antonio a accepté avec la certitude de pouvoir un jour retrouver sa place dans les ferias. Ce moment semble venu pour lui, et sur son calendrier Arles se présente comme le premier grand rendez-vous d’une saison de reconquête qui devrait le voir se produire partout. Autoritaire et spectaculaire, Ferrera sait aussi toréer lentement, ainsi qu’il le prouva dans la cathédrale madrilène du toreo voici quelques années. Un souvenir que l’aficion n’est pas prête d’oublier.
JAVIER VALVERDE
Javier Valverde est né à Salamanca le 22 décembre 1977 où il a pris l’alternative le 12 juin 2002 après avoir intégré l’école taurine locale. En 2005 il a toréé 38 corridas pour 35 oreilles.
Depuis ses débuts de novillero, Javier Valverde fait partie des toreros que l’on attend en raison de la rondeur et de la longueur des muletazos qu’il est capable de donner à toutes sortes d’adversaires, recherchant en permanence la cadence simple du toreo castillan. Toreo dont l’austérité n’est qu’apparente et qui fait de Javier le digne successeur de tous les grands toreros de sa terre, du Viti au regretté Julio Robles. Règulièrement engagé face aux corridas dures, Javier a maintes fois démontré sa capacité, triomphant notamment devant les toros de Victorino Martin à Mont de Marsan voici deux temporadas. Après quatre années d’alternative son bagage technique est désormais enviable et il devrait très vite s’affirmer comme un torero au long cours, susceptible de faire une belle carrière.