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VENDREDI
2 AVRIL
    11H
    17H30
SAMEDI
3 AVRIL
    11H
    17H
DIMANCHE
4 AVRIL
    11H
    17H
LUNDI
5 AVRIL
    11H
    17H

  BOHORQUEZ - MENDOZA - CARTAGENA
Mendoza : la haute école du rejoneo contemporain
 
 
Bohorquez l’artiste, Mendoza le maître, Andy Cartagena le spectaculaire. De la confrontation de ces styles variés naît l’intérêt d’un cartel éclectique englobant toute la richesse du rejoneo contemporain
 
Jamais, avant Mendoza, et jamais encore depuis qu’il torée, nul ne l’a égalé dans l’art difficile du rejoneo. Les aficionados ne s’y trompent pas, et malgré le succès fait à ses jeunes compétiteurs, c’est bien lui, et lui seul, qui remplit les arènes, et hausse lors de chaque saison le prestige d’une discipline désormais comparable au travail des plus hautes écoles d’équitation. Si l’on osait une comparaison, avec Mendoza c’est comme si la tauromachie à pied était passée sans transition du toreo distant, syncopé et fruste des origines, à celui parfaitement abouti et porteur d’une dimension artistique inusitée, celui de Morante par exemple. Cette cassure brutale, entre l’avant et l’après présente ceci de remarquable qu’elle a été le fait d’un seul individu, et non, comme dans l’émergence du toreo moderne, d’une évolution de deux siècles au cours de laquelle nombreux ont été ceux qui l’ont fait évoluer par paliiers. Avec Mendoza, on passa directement de l’âge des cavernes à la modernité. Bien sûr, il y eut avant lui de grandes figuras de la spécialité pour repousser peu à peu les limites du possible, mais malgré leur talent aucun de ces grands rejoneadores du passé n’imagina jamais franchir l’invisible limite qui transforme en performance d’artiste une simple démonstration de virtuosité. C’est à partir de Mendoza que cet art du spectacle que fut le rejoneo avant lui a acquis ses lettres de noblesse, c’est à partir de Mendoza que les chevaux toreros sont passés du statut de simple monture à celui de partenaire-vedette, et c’est à partir de Mendoza que le public des arènes a cessé de voir dans le rejoneo un simple divertissement équestre. Une révolution considérable dont il est difficile de prévoir les lendemains.
La question est : Mendoza peut-il faire école ? Depuis quinze ans qu’il est au sommet, la ligne de partage entre les prétendants à son trône passe entre ceux qui, à sa suite, se sont lancés dans une surenchère “spectaculaire” en envahissant à leur tour le terrain du toro, et ceux qui, à sa suite aussi, ont fait du temple leur terrain de conquête. Mais la difficile synthèse que Mendoza offre depuis toujours, aucun ne s’y est risqué. Il n’en demeure pas moins que par rapport au rejoneo d’avant Mendoza le niveau a considérablement évolué, et il n’en demeure pas moins aussi que les vedettes de la discipline aujourd’hui atteignent à leur tour un niveau de performance dont leurs prédécesseurs n’auraient jamais rêvé. Mais Mendoza reste Mendoza, et si certains de ses compañeros peuvent rivaliser avec lui sur une journée, aucun n’est parvenu à l’égaler sur la durée.

Fermin Bohorquez est sans nul doute le cavalier le plus artiste de la spécialité, mais si, à une époque, il fut le seul à tutoyer Mendoza au sommet, il refusa de s’engager dans l’autre voie, celle du spectaculaire à outrance, grâce à laquelle la génération suivante a choisi de s’imposer, Andy Cartagena le premier, au risque de transformer l’art du rejoneo selon Mendoza en une discipline davantage proche de l’acrobatie équestre que de la haute école.

De la confrontation de ces styles variés naît l’intérêt d’un cartel très éclectique construit autour de l’axe naturel qu’est Mendoza. Bohorquez l’artiste, Mendoza le maître, Andy Cartagena le spectaculaire. Trois conceptions distinctes dont la médiane se retrouve au confluent des deux extrêmes.


CORRIDA DE REJON
6 Toros de Fermin BOHORQUEZ


 

Devise : verte et rouge
Señal : “hoja de higueras” à gauche et corte
à droite.
Finca : «Fuenterrey» Jérez
Ancienneté : 17 mai 1951

Aujourd’hui essentiellement utilisée lors des corridas équestres en raison de l’attrait qu’exercent ses toros sur les vedettes du rejoneo, la ganaderia de Fermin Bohorquez provient en droite ligne de celle de Dolores Monge, la célèbre veuve de Murube, à partir de laquelle est née la quasi totalité du cheptel contemporain. C’est en effet en achetant à Luis Vallejo Alba le troupeau que Carmen de Federico avait fondé en 1917 à partir de celui des héritiers de la famille Murube, que Fermin Bohorquez a créé le sien, auquel, au fil des années, il a apporté sa touche originale. L’autre branche de ce troupeau fondateur directement issu de celui du Conde de Vistahermosa créé à partir d’une souche autochtone qu’avaient commencé à faire émerger les frères Rivas, aboutit entre les mains de l’héritier d’une famille de banquiers basques, Eduardo Ybarra, lequel, après en avoir fait en une vingtaine d’années la meilleure de son temps, revendit sa ganaderia au fils d’un riche mécène sévillan, Fernando Parladé, qui après s’en être lassé au bout de dix ans à peine s’en défit en plusieurs lots, donnant naissance notamment à ce qu’il est communément admis d’appeler aujourd’hui l’encaste dominant. Les Murube de Fermin Bohorquez en sont les cousins proches, mais ils ont connu un développement parallèle qui explique leur singularité, laquelle a eu pour effet de privilégier leur noblesse et leur classe... raison pour laquelle ils se sont peu à peu révélés trop décalés par rapport aux exigences du toreo contemporain, mais idéaux pour le rejoneo.


  FERMIN BOHORQUEZ
Fermin Bohorquez est né à Jérez le 21 janvier 1970 et y a pris l’alternative le 4 mai 1989. En 2009 il a toréé 44 corridas pour 38 oreilles coupées.
  PABLO HERMOSO DE MENDOZA
  Pablo Hermoso de Mendoza est né à Estella le 11 avril 1966. Il a pris l’alternative le 18 août 1989. En 2009, sa suprématie a été une nouvelle fois incontestable avec 63 corridas toréées pour 128 oreilles et sept queues coupées arrivant pour la quatrième année consécutive en tête d’escalafon.
  ANDY CARTAGENA
Andy Cartagena Andy Cartagena est né le 31 janvier 1981 à Benidorm et a pris l’alternative à Castellon le 8 mars 1997, âgé de seize ans à peine. En 2009 il a toréé 30 corridas pour 73 oreilles et trois queues coupées.
 
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