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PADILLA - RAFAELILLO - SAVALLI
Miura : la ligne de partage |
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Depuis un siècle et demi, Miura est la ligne de partage qui divise les toreros en deux catégories : ceux qui les combattent, et ceux qui les évitent. |
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préfèrent éviter pareil défi, nombreux sont les toreros vedette l’ayant relevé... une fois. Ce qui les honore, mais ne doit pas faire oublier qu’à leur époque Joselito, Belmonte et le Gallo (que l’on disait peureux) en combattaient toutes les camadas. C’est face aux toros de Miura, comme il en fut toujours ainsi depuis que la légende est ce qu’elle est, que la hiérarchie se confirmait. Les temps ont bien changé, et il ne viendrait à aucune figura l’idée saugrenue d’affirmer son rang aujourd’hui en décidant de se mesurer à la camada de Miura, de Séville à Zaragoza en passant par Arles et Pamplona... La raison en est simple : outre les difficiles toros qu’ils auraient à affronter - il y en a certes de bons mais pour les rencontrer il faut prendre le risque de voir sortir les autres - il faudrait se mesurer aussi à ceux qui, par la force des choses et en raison de l’évolution du marché, en sont devenus les grands spécialistes, Padilla le premier et Rafaelillo immédiatement après.
Que nul ne s’y méprenne : contrairement à l’idée que l’on pourrait se faire de lui, loin d’être un gentil animateur pour corridas toristas, Juan José Padilla est bien à l’heure actuelle et depuis plusieurs années, le torero le plus important – et le plus profond – spécialisé dans ce difficile créneau. Année après année, ses performances le confirment. L’an passé, Padilla débuta sa temporada à Arles face aux toros de Miura et triompha avant de doubler la mise à Séville, toujours face à la même ganaderia, puis de remporter un autre grand triomphe à Béziers en août, face aux toros de Zahariche encore. La veille de cette course, un toro de Victorino Martin lui fractura six côtes à San Sebastian. Sous ses yeux le Fundi venait de se faire salement attraper aussi, mais l’éventualité de rester confortablement à l’infirmerie ne lui traversa pas l’esprit. Au contraire, il revint en piste et coupa les deux oreilles de son second toro. S’il fallait expliquer qui est Juan José Padilla à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, cette anecdote y suffirait sans doute. De même qu’elle explique sa présence comme chef de lidia face à la ganaderia la plus emblématique de toutes.
Après lui, et bien que plus récent dans l’exercice, Rafaelillo est celui à avoir remporté ces dernières années les triomphes les plus importants, à Pamplona notamment, grâce à une entrega totale et à une technique remarquablement adaptée.
Mehdi Savalli se révèlera-t-il un jour lui aussi comme un spécialiste de ce créneau difficile mais ô combien valorisant ? Son triomphe l’an passé à Istres face aux toros de Miura - dans une arène secondaire, mais des Miuras tout de même - permet de l’espérer. De même qu’il permet d’espérer que l’effort fourni tout au long de la saison dernière lui vaudra la récompense méritée de se voir annoncé dans toutes les grandes arènes françaises. Arles, sa ville, où il avait triomphé l’an passé face aux toros de Victorino. Après deux années de rodage, cette temporada 2010 sera-t-elle celle de sa consécration ? Arles en tous cas, mise sur lui.
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CORRIDA
6 Toros de MIURA
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Devise : rouge et verte.
Señal : “hendida y muesca” à gauche, “despuntada con golpe” à droite.
Finca : «Zahariche» Lora del Rio
Ancienneté : 30 avril 1849
Sans renoncer à tout ce sur quoi s’est bâtie sa légende, la ganaderia de Miura, sous l’impulsion des actuels ganaderos, connaît une notable évolution. Si les toros âpres, durs, dangereux et à la limite du toréable abondent toujours dans ses camadas, sortent aussi aujourd’hui de nombreux miuras parfaitement adaptés au spectacle contemporain, lequel exige désormais des faenas plus longues et plus complètes qu’autrefois. La corrida ne s’arrête plus, comme voici un siècle, au premier tercio, et si les ganaderos de Miura n’avaient pas su s’adapter, sans doute leur ganaderia serait-elle aujourd’hui confinée dans une situation beaucoup moins prestigieuse que celle qu’elle occupe aujourd’hui. Car n’en doutons pas, tout autant que les toros “tragiques” que chacun conserve en mémoire, c’est aussi grâce aux grands toros qui permettent également aux toreros de triompher que le fer de Zahariche perpétue sa légende, ou plutôt la complète. Mais cette évolution ne constitue en rien un renoncement et moins encore un reniement. Le Gallo, voici un siècle, déclarait que les toros de Miura était les meilleurs qu’il connaissait et qu’il n’en avait vu que deux réellement impossibles. Ce qui est certain est que leur volume exceptionnel rend toujours leur combat périlleux, quand ils sont bons, et plus encore bien sûr quand ils sont compliqués.
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JUAN JOSE PADILLA |
| Juan José Padilla est né le 23 mai 1973 à Jérez où il a pris l’alternative le 18 juin 1994 des mains de Pedro Castillo et du Niño de la Taurina. Il a confirmé son alternative à Madrid le 10 septembre 1996. En 2009 il a toréé 40 corridas au cours desquelles il a coupé 63 oreilles et 2 queues. Grand spécialiste des toros de Miura, il fait partie du club très fermé de ceux qui ont osé en combattre six avec Joselito El Gallo, Joaquin Bernardo et Antonio Chenel “Antoñete” notamment. |
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RAFAELILLO |
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Rafael Rubio “Rafaelillo” est né le 16 juillet 1979 à Murcia où il a pris l’alternative le 14 septembre 1996 des mains d’Enrique Ponce et Rivera Ordoñez face à des toros de Salvador Domecq. Il a confirmé son alternative à Madrid le 27 juillet 2003 face à des toros de Jaral de la Mira des mains d’Alberto Ramirez et Lopez Chaves. Au cours de la temporada 2009 il a toréé 22 corridas au cours desquelles il a coupé 23 oreilles et 1 queue. |
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MEHDI SAVALLI |
| Mehdi Savalli est né à Arles le 1er novembre 1985 et y a pris l’alternative le 8 septembre 2006, coupant deux oreilles et sortant en triomphe. En 2009 il a toréé 12 corridas et coupé 13 oreilles et une queue. |
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