Devise : paille et bleu cie
Finca : «Las Cobatilla» Alcala de los Gazules
ganaderia entre ses fils, celle-ci faisait partie des plus importantes de l’époque. Provenant directement de celle de son frère Graciliano qui avait acheté au Conde de Santa Coloma quarante ans plus tôt le bétail souche majoitairement ibarreño avec toutefois quelques bêtes saltillo, elle était particulièrement prisée des figuras pour sa grande noblesse. Afin d’affronter les frais de succession, Alipio mit en vente un tiers de son troupeau, avant de partager le restant entre ses fils Fernando, Javier et Ignacio et Alipio. Ce tiers vendu, c’est le sévillan Fernando Carrasco qui vint l’acheter jusqu’à Salamanca pour le ramener du côté de Medina Sidonia et le mettre au nom de son épouse, Ana Romero. Avant que le dernier camion ne soit parti, don Alipio le prévint toutefois : cette ganaderia avait vécu en autarcie depuis quarante ans, et le temps lui semblait venu d’un raffraîchissement. Dans l’intervalle, Joaquin Buendia avait acheté au Conde de Santa Coloma sa ganaderia, et tout en conservant comme lui même en avait eu l’idée le croisement Ybarra-Saltillo, il avait approfondi celui-ci au-delà de la première génération que n’avait jamais dépassé le Conde. Beaucoup plus typés saltillo qu’auparavant, ses toros n’en étaient pas moins les plus proches parents des Gracilianos d’Alipio mis au nom d’Ana Romero, et don Alipio conseilla à Fernando Carrasco l’achat d’un semental à Joaquin Buendia. Ce qui tombait très bien, ce dernier étant ami intime du nouveau ganadero. À peine la demande faite, il offrit, au lieu de le vendre, un semental à son ami - celui-ci tint à en acheter un second - et non content d’en rester là, la famille Buendia, Joaquin d’abord puis son fils José Luis, assura le suivi de la ganaderia d’Ana Romero durant presque trente ans, renouvelant les sementales chaque année, avec pour effet de tirer le troupeau de l’ascendance majoritairement Ybarra à l’origine vers une nette prédominante Saltillo. Dès sa constitution, la ganaderia d’Ana Romero profita de la réputation de celle d’Alipio dont elle était issue, mais il lui fallut de nombreuses années pour parvenir à grand peine à corriger la tare héréditaire que celui-ci lui avait léguée : le manque récurrent d’armures respectables. Ce qui explique que durant la majeure partie de son existence la ganaderia d’Ana Romero ait lidié dans des arènes de moindre exigence, avant, ces dernières années, de parvenir à trouver dans ses camadas une proportion importante de toros bien armés, ce qui lui a permis, en 2009 par exemple, d’en présenter un lors de la corrida concours de Zaragoza qu’il a remporté, de lidier en août une magnifique corrida à Bayonne qui fut considérée comme une des meilleures de la saison française, et de voir le Juli en combattre deux exemplaires lors de son solo bayonnais également, un excellent pour le torero... et l’autre si compliqué qu’il aurait pu passer pour une des fameuses “alimañas” de Victorino Martn, ce qui n’est pas surprenant dans la mesure où les toros d’Ana Romero sont leurs parents “saltillos” rapprochés.
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