À chaque jour correspond un évènement, voire deux pour la clôture. Que l’on en juge : Juan Bautista et Sébastien Castella en mano a mano le vendredi est à ce jour un cartel symbolique pour la tauromachie française ; programmer le Juli face à Perera le samedi équivaut à mettre en scène le premier épisode d’une lutte âpre pour la suprématie que les deux rivaux vont se livrer tout au long de la temporada ; le dimanche, les Miuras, leur légende et leurs spécialistes auxquels se joint pour la première fois Julien Lescarret ; le lundi, un rendez-vous dont toutes les grandes arènes rêvent mais que seules Madrid, Séville, Bilbao... et Arles sont parvenues à mettre sur pied : le Cid face aux toros de Victorino ! Le nec plus ultra de la tauromachie idéale entre une ganaderia emblématique et le torero qui comprend le mieux ses toros.
Evènement aussi pour la traditionnelle corrida de rejoneo du lundi matin avec la confrontation explosive entre le maître Pablo Hermoso de Mendoza et son probable successeur sur le trône du rejoneo, Diego Ventura. Ce cartel aussi de nombreuses arènes en rêvent, mais, en France, seule Arles le propose.
Cette dynamique ambitieuse sera la marque de la temporada entière, avec une feria du Riz au cours de laquelle Juan Bautista et Castella donneront l’alternative à Roman Pérez, alors que Mendoza et Ventura se rencontreront une nouvelle fois, que la corrida goyesque offrira un cartel d’artistes - Aparicio, Cid et Manzanares, et que bien sûr la corrida-concours construite autour des fers de Partido de Resino, Prieto de la Cal, Conde de la Corte, Perez de Vargas, Cuadri et Yonnet sera à nouveau le rendez-vous incontournable de l’aficion torista.
Enfin, pour que la fête soit encore plus accessible, une diminution de 10% est proposée sur les abonnements. L’antidote à la morosité est prêt, à chacun de le savourer. Bonne feria et bonne temporada à tous.
Luc et Marc Jalabert
Chaque feria porte en elle un espoir d’excellence mais c’est quand la morosité semble s’installer que la nécessité d’en faire un espace préservé où chacun peut continuer à rêver est la plus impérieuse. Dans cette guerre à la tristesse qu’il importe de gagner, aux difficultés doit répondre l’audace, à la rigueur l’imagination et à la routine l’innovation. Forts de ces certitudes, tout a été mis en oeuvre pour que cette feria de Paques 2009 demeure dans les mémoires comme celle qui aura, avec panache, défié les peurs qui naissent et proposer aux aficionados les meilleurs cartels qui soient dans tous les genres possibles.