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CORRIDA GOYESQUE
EMOTIONS PREMIERES |
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Voici cinq ans, la première corrida goyesque avait été organisée en mariant tauromachie espagnole et tauromachie première. Après quatre éditions à l’occasion desquelles divers artistes ont habillé l’amphithéâtre, la goyesque 2009 revient aux sources avec une reconstitution historique au moment du paseo et la participation des Recortadores, Navarais, Sauteurs Landais et Ecarteurs Landais. |
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Lorsque Goya peignait ses eaux-fortes taurines, survivait en lui le souvenir d’un temps déjà révolu, quand les mata-toros basques et aragonnais dont subsistait la légende faisaient les beaux jours de la Cour de Madrid où ils rivalisaient d’audace, d’adresse et de style avec ces toreros andalous qui bientôt les supplanteraient. Martincho ou le Licenciado de Falces étaient alors des héros, mais l’art du toreo naissant dans les Real Maestranza de Séville et de Ronda allait provoquer la disparition de celui de l’esquive, et la tauromachie codifiée celle de ces jeux premiers où l’inspiration, l’improvisation et l’astuce tenaient lieu de réglementation.
De ces émotions premières dont chacun voulait ressentir le parfum envoûtant en investissant le ruedo dès avant que le spectacle ne commence, Arles offrit voici quatre ans une évocation riche en couleurs, mêlant costumes goyesques et provençaux. Un “despegue plaza” fastueux où pour la première fois sans doute les mozos rondenos cotoyèrent les arlésiennes qui à la même époque vivaient au-delà de ces Pyrénées où Goya l’aragonnais chercha un beau jour son chemin de fuite. Ainsi naquit la série des “Toros de Bordeaux”, le peintre gravant sur plaques ses souvenirs de jeunesse, sans savoir peut-être que non loin de lui, dans cette Gascogne brave dont la lande déserte s’étendait du piémont pyrénéen aux vignobles bordelais, et qui n’était encore qu’une terre de marécage où paissaient en liberté des toros braves issus de la race navarraise dont il peignit toujours le profil effilé, avaient déjà donné naissance à une tauromachie autochtone qui deviendrait bientôt celle des sauteurs et des écarteurs landais, lesquels cohabiteraient un temps en piste avec les toreros andalous avant de s’en différencier.
Ces émotions premières nées d’un côté et de l’autre des Pyrénées revivront pour un jour à Arles avec une évocation de cette tauromachie autochtone “basco-aragonesa-landaise” qui bien avant l’introduction de la corrida “espagnole” exista au coeur de nos fêtes, s’enracinant dans le fertile terreau de la fascination qui depuis Lascaux existait dans tout le sud de la France pour l’image du Taureau. |
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CORRIDA
6 Toros de JANDILLA
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Devise : bleue
Ancienneté : 3 mai 1951
Fincas “Los Quintos” Llerena (Badajoz) et “Don Tello” Mérida.
Sous l'appellation “Jandilla” dont l’origine provient du nom de la finca-mère de la famille Domecq située à Benalup dans la région de Cadix, Borja, l’actuel ganadero, a conservé le coeur du troupeau divisé entre les diverses branches de la famille et qu’élèvent ses frères Juan Pedro et Fernando (Zalduendo), mais aussi ses cousins et neveux sous divers autres fers.
Sous celui de l’étoile qui appartint jadis aux propriétaires de l’encaste Saltillo, Borja élève des toros dont la caste mobile a donné naissance à ceux de Fuente Ymbro. Une référence obligée qui permet de relativiser la réputation de toros “faciles” qu’un secteur de l’aficion accole parfois aux ganaderias issues de cet encaste, ignorant sans doute que la noblesse dont ils font souvent preuve n’est autre que la quintessence de la bravoure franche, une vertu que possèdent les Tamarones de Domecq et qui est aux antipodes du genio que l’on sait impropre au toreo moderne.
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APARICIO |
Julio Aparicio est né à Séville le 4 janvier 1969 et a pris l’alternative à Séville le 15 avril 1990 des mains de Curro Romero et Espartaco face à des toros de Torrestrella. En 2008 il a toréé 29 corridas, coupant 29 oreilles et 1 queue. |
Depuis vingt ans Julio Aparicio n’a jamais dérogé à sa tauromachie inspirée, faite de fulgurances et de beaux gestes, laquelle est basée, ce que l’on sait moins, sur une technique parfaite dont il n’use qu’avec parcimonie. Car le toreo, pour Aparicio, n’a jamais été un exercice de virtuosité, mais au contraire le moyen d’exprimer les sentiments parfois contradictoires qu’il ressent au plus profond de lui-même. Ce qui permet d’affirmer sans crainte que sa tauromachie est un livre ouvert sur son inconscient, tant les muletazos qu’il donne ou retient sont le reflet de son âme. De ce point de vue, Aparicio est un des toreros les plus purs qui soit, dans la mesure où le propre des grands artistes, quelle que soit leur discipline, est précisément d’ouvrir une fenêtre sur l‘infini en donnant à voir ce qu’ils sont les seuls à connaître. De l’extase aux affres de l’oubli, Aparicio joue donc sur un vaste registre qui lui permet, alors qu’il est un vétéran, de conserver l’étonnante fraîcheur d’un torero débutant, tout simplement parce qu’il ne s’enferma jamais dans la moindre routine et que chacune de ses faenas est une création unique. |
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EL CID |
Manuel Jésus “El Cid” est né à Salteras le 10 mars 1974 et a pris l’alternative à Madrid le 23 avril 2000_des mains de David Luguillano et Finito de Córdoba face à des toros de José Vázquez. En 2008 il a toréé 89 corridas, coupant 100 oreilles et 3 queues, se classant second. |
Le Cid est à l’heure actuelle un des rares toreros capables de passer avec un bonheur égal, du registre des corridas difficiles à celui des corridas pour vedettes. La raison de cette schyzophrénie créatrice parfaitement maîtrisée est simple : le Cid est avant tout un grand technicien que son parcours atypique avant de pénétrer dans le cercle restreint des stars a préparé à affronter les situations les plus diverses. Face aux toros de Victorino pour Pâques on put ainsi admirer la puissance de son engagement, la précision de son placement et de ses toques, et bien sûr la domination suave que sa main gauche est capable d’exercer à tout moment. Une main gauche qui est à n’en pas douter l’une des meilleures, et en tous cas des plus profondes de la toreria contemporaine, laquelle est pourtant riche de toreros de talent. Quelle évolution le Cid choisira-t-il pour sa carrière ? Dans l’intérêt de l’aficion, il est à espérer qu’il poursuivra ainsi qu’il l’a toujours fait sur cette double voie dans laquelle il excelle, ce qui permet à chacun de comprendre que l’art du toreo, dans toute sa complexité, a toujours consisté à combiner métier et inspiration, science du geste et élan esthétique, et que sa quintessence consiste à savoir s’adapter à chaque adversaire pour faire surgir les sentiments que l’on porte en soi. |
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MANZANARES |
José Mari Manzanares est né à Alicante le 3 janvier 1982 et y a pris l’alternative le 24 juin 2003 des mains d’Enrique Ponce et Francisco Rivera Ordóñez. En 2008 il a toréé 66 corridas, coupant 83 oreilles, se classant cinquième de l’escalafon. |
Triomphateur pour la seconde année consécutive de la feria de Séville, José Mari Manzanares fait déjà partie du carré d’as du toreo contemporain. Un exploit peu commun de la part d’un torero qualifié d’artiste et qui s’explique tout à la fois par la constance de son engagement, par sa maîtrise technique et par sa recherche esthétique qui rend obligatoire la référence à son maestro de père. Ce qui ne doit pas occulter la réalité : José Mari s’est depuis plusieurs années déjà fait un prénom et pour les jeunes générations qui vont aux arènes il n’est point besoin de rappeler qui il est, sa légitimité étant incontestable et se suffisant à elle-même. Il est d’ailleurs significatif de voir que celle-ci croît de temporada en temporada, tout simplement parce que ce torero dit artiste confirme feria après feria être capable de ne rien lâcher, figurant de manière plus qu’honorable dans le palmarès de toutes les ferias auxquelles il participe. Ce qui ne doit pas occulter non plus le fait qu’il est pourtant un torero toujours perfectible et que loin d’avoir atteint son sommet il n’est encore qu’à mi chemin de la progression que ses immenses qualités laissent deviner et qui le placent dans la lignée des grands toreros classiques. |
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